

Étranges Grands-mères
Un conte interculturel présenté par Mostafa Benkerroum
« ... Une bonne manière pour apprendre quelque chose et pour contre des préjugés... » (École de base De Letter)
Depuis octobre 2005, Mostafa Benkerroum joue 'Vreemde Grootmoeders' à des écoles primaires et des centre de services de la CPAS d'Anvers. Le texte a été approfondi et est à nouveau représenté à Sering, et depuis aux théâtres et centres culturels flamands.
Karim, un garçon de dix ans d'un mariage mixte, visite pour la première fois le Maroc, pays où son père est né. Il arrive dans un petit village avec sept maisons dispersées. Il n'y a ni ordinateur, ni télévision. Les voisins les plus proches sont des figuiers. Là, il rencontre sa grand-mère marocaine qui est tellement différente de sa grand-mère flamande. Les mœurs et traditions sont également différentes de celles en Flandre. Néanmoins, Karim vit plus les similitudes que les différences.
« Parfois des amis me demandent si ce n'est pas ennuyant d'avoir une mère et un père de cultures différentes. Moi je ne le pense pas, je réponds alors. Au contraire, j'ai un pays de plus que mes amis. »
Qui ne se rappelle pas qu'étant enfant, on était pur et ouvert comme seulement un enfant peut l'être ? Avec cette pièce, Mostafa Benkerroum veut nous faire regarder ce nouveau monde diversifié à travers les yeux d'un enfant. Un pont de réminiscences est jeté entre la Flandre et le Maroc. En tant qu'enfant, il voit bien les différences entre ses deux grands-mères, mais il vit beaucoup plus les similitudes. Pourquoi les réminiscences d'un enfant ont-elles une autre couleur que celles d'un adulte ? Pour les enfants, la différence de la couleur de la peau ou des traditions ne sont pas importantes. Des enfants se donnent la main et voient qu'à l'intérieur, la main de chaque enfant est blanche. Parce qu'ils ne se heurtent pas aux différences, ils regardent notre monde sans préjugés, à l'opposé de nous, les adultes.
« Si un jour je serai ministre des Belges et des immigrés, je ferai imprimer des carte roses pour tous. Une carte rose pour un blanc belge. Une carte rose pour un jaune chinois. Une carte rose pour un brun marocain. »
De cette même manière enfantine, il voyage seulement avec un coffre rouge plein de souvenirs, une carte géographique qu'il a dessiné lui-même, une photo, quelques objets qu'ils garde comme s'ils étaient de grands trésors. Des trésors qu'il partage avec nous au cours de son histoire. Des trésors qui deviennent histoire à leur tour.
Mostafa Benkerroum veut souligner que des sentiments innocents, des visages heureux et de bons souvenirs continuent à vivre dans les enfants. Avons-nous assez de compréhension dans nos deux cultures ? Est-ce que nous pouvons nous rencontrer dans les souvenirs d'un enfant ? Pouvons-nous pour le temps que dure un conte d'enfant oublier les formes rouillées ? Pouvons nous mettre par dessus bord tous les clichés et préjugés ?
'Étranges Grands-mères' fait des yeux d'un enfant un double miroir de notre société.
Aujourd'hui que le débat sur l'interculturalité et la diversité est si haut sur l'agenda politique, nous comptons sur tous pour donner l'espace à ce projet.
La pièce a été jouée à partir d'octobre 2005 dans un nombre d'écoles primaires et des centres de service de la CPAS. Le monologue était suivi par une discussion ouverte avec le public. Ces conversations sont devenues une partie essentielle du projet. La pièce a été approfondie sur base des réactions durant le monologue et des conversations par après.
La représentation reste très intime, et cette atmosphère agréable se poursuit pendant la session questions et réponses. Cette ouverture et intimité réussissent le mieux dans une salle avec une occupation petite (jusqu'à ± 120 spectateurs), et où cela est possible, nous optons pour mettre le public sur scène, avec l'acteur.
Pour beaucoup de spectateurs, jeunes et vieux, c'est la première fois qu'il entre en conversation avec un 'vrai Marocain'. La curiosité est alors grande, et nous remarquons que, même chez des séniors qui assistent à une représentation dans les centres de services, des préjugés profondément enracinés sont abandonnés. Pour les enfants d'origine allochtone, il est d'autre part révélateur de voir jouer un acteur d'origine marocaine.
Les centres culturels ou théâtres qui veulent encore réserver une représentations de 'Étranges Grands-mères' peuvent s'adresser à l'imprésariat de théâtre 'De Teerstoof' à Schiedam (Pays-Bas), qui organise les représentations aux Pays-Bas mais également en Flandre. La pièce est également disponible comme représentation scolaire pour le 2e et 3e degré de l'enseignement de base (8-12 ans).
Inspiré sur le livre du même nom de Mim El Messaoudi (Facet Antwerpen 1998)
adaptation et jeu: Mostafa Benkerroum
coaching: Brit Alen
avec la collaboration de Mia Grijp, Inge Verhees et Bart Luypaert
Mostafa Benkerroum
Mostafa Benkerroum est né à Borgerhout en 1974 de parents marocains. Il y huit ans, il entrait en contact par hasard avec le théâtre à Sering. Depuis lors il a été piqué par le microbe et joué dans une série de productions, aussi avec d'autres théâtres socio-artistiques comme Collectief Hart, qui travaille avec des réfugiés et des ex-prisonniers.
Il visite également des écoles et des organisations pour raconter des contes.
« Les contes de fées sont universels. 'Le petit chaperon rouge' ou 'Le loup et les 7 chevreaux' sont également présent dans la culture marocaine, avec des petites variations culturelles par-ci par-là. Les contes donnent aux enfants allochtones quelque chose de leur culture d'origine. Et pour les enfants autochtones, c'est marrant d'écouter une histoire connue, mais relevée avec une sauce exotique. »
Le fait que 'Étranges grand-mères' combine les deux cultures l'a tout de suite attiré.
« C'est tellement reconnaissable et de toute façon, nous vivons au milieu de cultures différentes. Le livre présente un bon aperçu de la culture au Maroc, et c'est intéressant et enrichissant, tant pour les autochtones que pour les gens avec des origines marocaines. Beaucoup de personnes de connaissent simplement pas les coutumes et les symboles, ou participent dans des rituels dont ils ne connaissent ni la signification, ni l'origine. Tout comme les enfants belges: combien d'entre eux chantent encore à l'épiphanie, ou connaissent le jour des enfants innocents (28 décembre) ? »
« Mostafa cherche sa grand-mère avec ses souvenirs comme boussole. »
Anita Twaalfhoven écrit dans le journal
Trouw du 26-09-07:
« L'acteur Mostafa Benkerroum est assis sur une chaise de bois sur une scène vide. Si tu ne saurais pas que sa pièce 'Étranges Grands-mères' est inspiré sur le livre du même titre de Mim El Messaoudi, te penserais qu'il conte simplement l'histoire de sa propre jeunesse. Mais c'est un conte au cours duquel tu reste accroché à ses lèvres. (...) Mostafa Benkerroum est un conteur né, qui sait faire vivre le village entier. (...) Nous savons tous que ceci est l'histoire de beaucoup d'enfants avec une famille dans un autre pays. Après avoir vu 'Vreemde Grootmoeders', on voudrait comme public les accompagner en vacances. »
L'école municipale de base 't Gijspeertje de Deurne est venu voir 'Étranges Grands-mères' à Sering. Par après nous avons reçu des réactions des écoliers et de leur institutrice.

L'instit:
« À l'occasion de la pièce de théâtre 'Étranges Grands-mères', j'ai demandé aux écoliers de faire un dessin de la pièce par deux.
« Ensuite, nous avons eu une discussion en cercle et tout le monde était d'accord : la pièce de théâtre était super ! Drôle, proche du monde vécu des enfants, très bien joué et en interaction avec les élèves. J'ai particulièrement apprécié que nos enfants marocains ont vu sur le podium un homme marocain qui se laissait aller en chantant, en dansant et surtout en jouant du théâtre. Pour beaucoup d'écoliers, c'est une véritable révélation!
« En résument pour conclure : une pièce de théâtre extrêmement bonne, par un acteur merveilleux!
« Merci et j'espère que vous programmeriez encore beaucoup de pièces intéressantes.
« Un salut amical, l'instit Wendy. »
« J'aimais comment il jouait et qu'il portait une telle robe. J'irai au Maroc pour me mettre au soleil et pour faire des amis et pour apprendre à lire, comprendre et écrire le Marocain. » - Benjamine
« Je trouvais ça très bien. Parce qu'il était drôle et comment il dansait et imitait sa grand-mère et comment il dormait. C'était chouette !! » - Sidney
« Le plus marrant était en Arabe. Et avec Jemma c'était drôle aussi, avec ces inspections. » - Zaineb & Laura
D'une interview avec Walter Soethoudt (Knack, 5-04-06):
« Je m'étonnes toujours à propos de le pouvoir de la langue. Il y a quelques jours, je suis aller voir le monologue 'Étranges Grands-mères' de Mim El Messaoudi. Il s'agissait d'une première encontre avec le Maroc de deux enfants marocains nés en Flandres. Mostafa Benkerroum jouait... sublimement jeune ! Il a eu une ovation. Ici au Seefhoek, dans une maisons de vieillards, où beaucoup d'habitants sont favorables au Vlaams Blok. Voilà ce que la langue peur faire. »